Varta : dépôt de bilan, perspectives de scission et conséquences sociales
Le producteur allemand de batteries Varta a déposé quatre demandes d'ouverture de procédure de faillite auprès du tribunal de district de Stuttgart. Les documents sont en cours d'examen par le juge compétent, ont rapporté Reuters et l'agence DPA fin juillet.
Cette nouvelle intervient après que les deux propriétaires actuels, le constructeur Porsche et l'entrepreneur autrichien Michael Toener — qui détiennent chacun 50 % du capital — se sont refusé à injecter des fonds supplémentaires. Face à l'absence de financement additionnel, la société envisage de séparer ses activités afin de répondre aux intérêts divergents de ses créanciers et actionnaires.
Chiffres clés et périmètre industriel
| Item | Donnée |
|---|---|
| Effectif total | ≈ 3 260 employés |
| Usine concernée | Nördlingen (Bavière) — ≈ 350 salariés, fermeture annoncée cet automne |
| Chiffre d'affaires (2024) | ~793 M€ |
| Résultat net (2024) | -64,5 M€ |
Varta produit notamment des piles domestiques, des micropiles utilisées dans les aides auditives et des systèmes de stockage d'énergie. Selon les informations publiées, les créanciers — dont la Deutsche Bank et plusieurs fonds spéculatifs — se montrent intéressés par la branche des piles domestiques, considérée comme rentable, tandis que Michael Toener pourrait privilégier le pôle micropiles, notamment les piles boutons pour appareils auditifs.
Historique récent et fragilisation
La société avait déjà traversé une restructuration en 2024 sous l'égide de la loi allemande de stabilisation et de restructuration des entreprises. Cette procédure avait abouti à la disparition des anciens actionnaires et à des abandons partiels de créances par les prêteurs. Début avril 2026, Varta annonçait que la restructuration avait été menée à bien et que la société retrouvait un cap de stabilisation. La dégradation de la situation économique ces derniers mois a toutefois conduit au dépôt de ces nouvelles demandes d'ouverture de procédure de faillite.
Impacts pour les salariés, les clients et la filière
- Pour les salariés : la fermeture programmée de l'usine de Nördlingen à l'automne menace près de 350 emplois ; plus largement, les quelque 3 260 postes du groupe restent exposés à une réorganisation.
- Pour les clients : les ruptures d'approvisionnement sont possibles, en particulier sur certains segments de piles domestiques et composants pour aides auditives.
- Pour la filière : une scission pourrait conduire à la reprise par des créanciers ou investisseurs spécialisés, avec un risque de concentration des actifs rentables et de cession des activités jugées moins stratégiques.
Les suites dépendront des décisions du tribunal et des négociations entre créanciers, repreneurs potentiels et actionnaires. La perspective d'une division du groupe, déjà évoquée dans la presse allemande, traduit une logique de valeur : séparer les actifs attractifs pour en préserver la continuité tout en isolant les segments non viables.
Au-delà de Varta, ce dossier illustre la vulnérabilité des fabricants européens de batteries face à la concurrence, à la pression des coûts et aux besoins de financement élevés pour innover et industrialiser des technologies critiques.