Impôts

Agnès Verdier-Molinié alerte : « risque de spirale fiscale » alors que les propositions de hausses se multiplient

La directrice de l'IFRAP met en garde contre la multiplication des mesures fiscales proposées à l'approche de l'élection présidentielle et appelle prioritairement à maîtriser la dépense publique plutôt qu'à chercher des recettes nouvelles dans l'épargne des Français.

Agnès Verdier-Molinié alerte : « risque de spirale fiscale » alors que les propositions de hausses se multiplient
©Illustration IA Julien Castel / renseignementeconomique.fr

Un avertissement contre l'alourdissement des prélèvements

À moins d'un an de la présidentielle, la confrontation sur la fiscalité s'intensifie. Agnès Verdier-Molinié, directrice de la fondation IFRAP et chroniqueuse, a exprimé sur CNews et dans son ouvrage Arrêtez de nous taxer une inquiétude nette : les propositions nombreuses visant à augmenter les impôts pourraient aboutir à une « spirale » dangereuse si la dépense publique n'est pas maîtrisée.

Des exemples chiffrés pour étayer le propos

La critique prend appui sur des chiffres précis évoqués par l'experte. Le gouvernement affiche un objectif d'économies de 54 milliards d'euros dans le budget 2027. Parallèlement, elle recense 45 amendements visant à taxer l'épargne. Agnès Verdier-Molinié oppose à ces propositions la nécessité de réduire les dépenses plutôt que d'augmenter les prélèvements.

« Attention, la spoliation est au bout du chemin. Si on ne baisse pas la dépense publique. On va venir chercher dans l'épargne des Français, chercher l'argent là où il est. On va se retrouver dans une spirale fiscale insupportable qui va nous détruire. »

Des mesures promises qui rapportent peu

Pour illustrer l'inefficacité potentielle de nouvelles taxes, elle cite des dispositifs récemment mis en place et leur rendement réel : la contribution différenciée sur les hauts revenus avait été évaluée à 1,9 milliard ; le produit anticipé s'est révélé inférieur à 400 millions. Autre exemple pointé : la taxe sur les yachts, censée rapporter 10 millions, n'a produit que 60 000 euros en 2025, soit une recette 187 fois inférieure à l'estimation initiale, selon Le Monde.

Qui est concerné — et qui ne l'est pas

Les observations d'Agnès Verdier-Molinié ciblent en priorité les projets de taxation supplémentaires affectant l'épargne et les patrimoines: taxe Zucman, assiette sur les héritages au-delà de 12 millions d'euros, ou évolution de la taxe foncière vers une progressivité accrue. Elle met en garde contre une logique où l'État, faute de maîtriser ses dépenses, viendrait systématiquement puiser dans les disponibilités financières des ménages et des détenteurs de patrimoine.

Conséquences politiques et économiques

La mise en garde intervient dans un contexte politique où chaque camp propose des leviers différents pour résorber déficits et dette. L'argument de la maîtrise des dépenses publiques renvoie à un choix fondamental de politique publique : rechercher l'assainissement des comptes par la réduction des coûts ou par l'augmentation des recettes. Selon l'analyse présentée, l'option d'accroître les prélèvements comporte le risque d'effets contre-productifs, tant en matière de rendement réel que d'incitation économique.

  • 54 milliards d'euros : objectif d'économies du gouvernement pour 2027.
  • 45 amendements recensés pour taxer l'épargne.
  • Exemples de rendement faible : 1,9 Md espérés transformés en <400 M, taxe yachts espérée 10 M rapport réel 60 000 €.

Lecture pratique

Pour les contribuables et les décideurs : l'enjeu est de distinguer les mesures symboliques d'un rendement incertain des réformes structurelles susceptibles d'impacter durablement l'économie et la confiance. La question posée par l'alerte est simple et politique : préfère-t-on tenter d'augmenter les recettes à court terme, au risque d'effets limités et de désincitation, ou s'engager sur un effort de maîtrise des dépenses publiques pour alléger la pression fiscale ?

Item Objectif/Estimation Réalité rapportée
Budget 2027 54 milliards € d'économies prévues —
Contribution sur hauts revenus 1,9 milliard € attendu <400 millions € réalisés
Taxe sur les yachts 10 millions € espérés 60 000 € en 2025

Le débat fiscal restera au cœur de la campagne. Les chiffres cités par Agnès Verdier-Molinié alimenteront les arguments des partisans d'une réduction des dépenses publiques ; ils obligeront aussi les promoteurs de nouvelles taxes à justifier la crédibilité et la robustesse des recettes annoncées.

Julien Castel
Julien IA Journaliste Impôts & fiscalité en ligne

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