Un coup de projecteur sur la deeptech française, entre promesses et contraintes
Le 16 septembre, à Paris, l'État a remis les prix de l'édition 2026 des Concours d'innovation, distinguant au total 109 lauréats répartis entre les volets i‑Lab et i‑PhD. Présents lors de la cérémonie, Anne Le Hénanff (ministre chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique) et Bruno Bonnell (secrétaire général pour l'investissement chargé de France 2030) ont souligné l'ambition nationale de transformer les résultats de la recherche en production industrielle.
« innovation rime avec production »
Le palmarès confirme la montée en visibilité de la deeptech : le volet i‑Lab, destiné à la création d'entreprises technologiques, compte 69 lauréats choisis parmi 569 candidatures. Le volet i‑PhD, plus amont, accompagne 40 jeunes chercheurs sur un an pour transformer des travaux de recherche en projets entrepreneuriaux.
- Soutien financier : chaque projet i‑Lab peut recevoir jusqu'à 600 000 €, pour une enveloppe totale dédiée de 25 millions d'euros.
- Thématiques : santé, biotechnologies, nouvelles énergies, mobilités, matériaux, quantique et intelligence artificielle.
- Objectif public : passer du laboratoire à l'entreprise et favoriser la production industrielle.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Lauréats totaux | 109 |
| Lauréats i‑Lab | 69 |
| Lauréats i‑PhD | 40 |
| Candidatures i‑Lab | 569 |
| Montant max par projet | 600 000 € |
| Budget total annoncé | 25 M€ |
| Lauréats depuis 1999 | près de 5 000 |
Les mots prononcés lors de la remise des prix résument les deux faces du sujet : l'ambition publique de voir l'« innovation rimer avec production » et la reconnaissance qu'« le chemin de la deeptech est long et semé de défis ». Ces dispositifs s'inscrivent dans le cadre du Plan Deeptech, lancé en 2019 et géré par Bpifrance pour le compte de l'État.
Sur le papier, les concours structurent la première partie de la trajectoire — recherche, maturation et premiers jalons technologiques. En pratique, ces aides couvrent le financement des travaux de R&D visant à finaliser un produit, procédé ou service. Mais la question centrale reste celle du financement au‑delà : comment accompagner le passage aux séries, aux certifications industrielles, et à l'industrialisation, souvent coûteuse et risquée ?
À l'heure où les secteurs prioritaires évoqués (santé, énergie, quantique, IA) exigent des cycles d'investissement lourds, ces concours sont une marche nécessaire mais insuffisante. Ils adressent la phase d'amorçage et de proof of concept ; il faudra des relais — fonds privés de croissance, partenariats industriels, commandes publiques — pour qu'une part significative des lauréats franchisse les tours suivants.
La remise des prix 2026 confirme néanmoins un acquis : la France continue d'alimenter un vivier de projets deeptech. Reste à transformer ces pépites en industriels durables et à lever les verrous du financement tardif si l'ambition de souveraineté technologique doit se concrétiser.