Le métal jaune sous pression avant la réunion de la Fed
Les investisseurs ont poussé les cours de l'or à la baisse pour la quatrième séance consécutive, une dynamique étroitement liée au regain des prix du pétrole et à la montée des craintes d'inflation. À 03 h 19 GMT, l'or au comptant reculait de 0,2 % à 4 118,18 dollars l'once, tandis que les contrats à terme américains de décembre cédaient eux aussi 0,2 %, à 4 136,20 dollars.
Concrètement, la hausse du pétrole pèse sur le métal refuge car elle alimente l'inflation par la voie des coûts énergétiques et des transports. Sur les marchés, cela renforce l'idée que les banques centrales — et en premier lieu la Réserve fédérale américaine — pourraient maintenir une politique monétaire plus restrictive plus longtemps, ce qui réduit l'attrait d'actifs non rémunérateurs comme l'or.
Pourquoi le pétrole fait remonter le risque inflationniste
Les cours du pétrole ont progressé en raison d'inquiétudes sur l'approvisionnement liées au Moyen-Orient : risques pour le transport en mer Rouge et menaces pesant sur des infrastructures en Arabie saoudite. Ces éléments géopolitiques entretiennent la volatilité de l'énergie et, par ricochet, des anticipations d'inflation.
« Le métal pourrait rester sous pression alors que les cours du pétrole brut sont repartis à la hausse, maintenant les pressions inflationnistes et renforçant les anticipations d’une politique monétaire restrictive », a déclaré Bas Kooijman, directeur général et gérant d’actifs de DHF Capital S.A.
Sur le plan des anticipations de marché, les opérateurs ont fortement révisé les probabilités d'un relèvement de taux de la Fed lors de la réunion du 27-28 octobre : elles sont tombées à 16 %. En revanche, la probabilité d'une hausse en décembre reste élevée, autour de 90 %. Ces chiffres traduisent l'idée que la Fed pourrait « faire une pause » avant d'ajuster encore ses taux si l'inflation demeure tenace.
« À ce stade, si certaines des hausses de taux que les marchés ont intégrées pour l’année prochaine sont retirées des prévisions, ou si leur probabilité est au moins revue à la baisse, cela devrait probablement entraîner une hausse de l’or », a expliqué Ilya Spivak, responsable de la macroéconomie mondiale chez Tastylive.
Ce que cela signifie pour les épargnants et l'économie
Pour les détenteurs d'or, la baisse actuelle traduit des arbitrages entre actifs en période d'incertitude : un coût du capital attendu plus élevé pèse sur les actifs sans rendement courant. Pour l'économie plus largement, une remontée durable des prix de l'énergie se traduit par une pression sur les prix à la consommation, ce qui peut contraindre les banques centrales à resserrer davantage leur politique monétaire, avec un impact sur les crédits, l'investissement et la croissance.
- Or au comptant : 4 118,18 $ l'once (-0,2 %)
- Contrats à terme (décembre) : 4 136,20 $ (-0,2 %)
- Probabilité d'une hausse Fed le 27-28 oct. : 16 % ; en décembre : 90 %
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Variation or (séance) | -0,2 % |
| Or au comptant | 4 118,18 $/once |
| Contrats décembre | 4 136,20 $/once |
En l'état, les prochains rendez-vous à surveiller sont l'évolution des prix du pétrole et la décision de la Réserve fédérale fin octobre. L'interaction entre géopolitique énergétique et politique monétaire déterminera en grande partie la trajectoire de l'or et, plus généralement, celle des prix et des taux à court et moyen terme.