Économie

L'inflation britannique repart à la hausse en septembre, à 3,5%

Le taux d'inflation au Royaume-Uni a rebondi à 3,5 % en septembre, au‑dessus des attentes, sous l'effet d'une envolée des prix des carburants. Ce regain complique les choix du gouvernement et alimente le risque d'une transmission des coûts énergétiques aux autres secteurs.

L'inflation britannique repart à la hausse en septembre, à 3,5%
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Une inflation qui surprend à la hausse

Le Royaume‑Uni a vu son inflation annuelle grimper à 3,5 % en septembre, d'après les chiffres publiés par l'Office national des statistiques (ONS). Ce niveau dépasse le consensus des analystes (3,4 %) et suit une inflation à 3,1 % en août, confirmant une dynamique ascendante au cours des derniers mois.

Le carburant, moteur principal de la hausse

L'ONS met en avant le rôle prépondérant du secteur des transports, en particulier des carburants pour moteurs, qui a été la première contribution à la hausse sur le mois. La flambée des cours du pétrole après la reprise des hostilités au Moyen‑Orient fin août a alimenté les prix à la pompe tout au long de septembre. Les produits raffinés, dont le gazole, ont atteint des niveaux inédits récemment, nourrissant les pressions inflationnistes.

"Le secteur des transports, en particulier les carburants pour moteurs, a apporté la contribution haussière la plus importante à la variation mensuelle"

Contexte géopolitique et risques de diffusion

Les tensions au Moyen‑Orient et les frappes visant des raffineries russes en Ukraine maintiennent les prix de l'énergie à un niveau élevé. Selon Richard Carter (Quilter Cheviot), plus le conflit se prolonge, plus grand est le risque que la hausse des coûts de l'énergie se transmette à d'autres branches de l'économie. L'ONS, via son économiste en chef Grant Fitzner, relève également l'augmentation continue du coût des matières premières et des biens sortant des usines, portée par le pétrole brut et les carburants.

Conséquences concrètes

  • Pour les ménages : une pression accrue sur le pouvoir d'achat via les prix des carburants et, potentiellement, une hausse plus large des biens et services si l'effet de second tour se manifeste.
  • Pour le gouvernement : cette hausse intervient à une semaine de la présentation du budget, compliquant la trajectoire revendiquée de soutien au coût de la vie et aux politiques sociales sans alourdir le déficit.
  • Pour la politique monétaire : un retour de l'inflation au‑dessus des attentes pourrait influer sur l'avis des autorités monétaires quant à la trajectoire future des taux, même si la Banque d'Angleterre tiendra compte de la nature et de la durée des chocs énergétiques.
Mois Inflation annuelle
Août 3,1 %
Septembre 3,5 %

Perspectives et points de vigilance

La clé reste la persistance du choc énergétique : si les prix du pétrole et des produits raffinés demeurent élevés, le mouvement pourrait se propager et ralentir la désinflation attendue. Pour l'instant, il s'agit principalement d'un choc d'offre sur l'énergie, mais son passage en hausse généralisée des coûts salariaux ou des prix des services déterminerait l'ampleur de la réponse politique nécessaire. À court terme, les ménages britanniques et les responsables politiques devront composer avec une facture énergétique plus lourde et des marges de manœuvre budgétaires réduites.

Ces développements britanniques sont aussi un signal pour la zone euro et la France : la sensibilité des prix domestiques aux cours du pétrole demeure élevée, et toute nouvelle flambée des énergies importées se répercuterait rapidement sur l'inflation et la croissance régionales.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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