Un record de fraudes détectées porté par l'automobile
Les acteurs de l'assurance en France ont identifié 947 millions d'euros de fraudes en 2025, selon les chiffres publiés récemment par l'Agence de lutte contre la fraude à l'assurance (Alfa). Ce montant, en hausse de 5 % par rapport à 2024, constitue un nouveau palier dans la traque aux dossiers frauduleux.
La concentration du phénomène est nette : les branches IARD (incendie, accident, et risques divers), dont l'assurance automobile, représentent la part principale des fraudes. Sur l'ensemble des montants détectés, 627 millions d'euros sont attribués à ces branches, loin devant la prévoyance et la santé.
Des dispositifs de détection plus efficaces ; moins de paiements indus
La progression du montant détecté ne se traduit pas par une augmentation proportionnelle des paiements indus. En 2025, les versements effectués à tort ont diminué à 44,9 millions d'euros, contre 62 millions l'année précédente. Cette évolution illustre une amélioration des mécanismes de contrôle et de qualification des dossiers par les compagnies d'assurance.
- Automobile (IARD) : 627 M€ détectés
- Prévoyance : 182,1 M€ détectés
- Santé : 112,4 M€ détectés
| Branche | Fraudes détectées (2025) |
|---|---|
| IARD (automobile) | 627 M€ |
| Prévoyance | 182,1 M€ |
| Santé | 112,4 M€ |
Coopération judiciaire et cadre légal renforcé
Les échanges entre assureurs et autorités judiciaires se sont intensifiés : les réquisitions judiciaires ont progressé de 28 % et le nombre d'alertes traitées par l'Alfa a quasiment doublé. Les professionnels misent aussi sur les récentes dispositions de la loi anti-fraude, qui facilitent le partage d'informations entre l'assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé, pour améliorer la détection des fraudes dans la santé notamment.
Le coût collectif de la non-assurance routière
Parallèlement à la fraude organisée, la circulation sans assurance demeure un problème structurel. Le baromètre 2026 du Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages signale qu'« un véhicule sur vingt impliqué dans un accident corporel n'était pas assuré », situation qui pèse sur l'ensemble des assurés et sur les comptes publics lorsque le Fonds doit indemniser des victimes — près de 7 500 dossiers indemnisés en 2025 selon le Fonds.
Conséquences pratiques : les assureurs renforcent leurs dispositifs de détection et les contrôles, ce qui peut se traduire par des durcissements des instructions de gestion des sinistres et par des plaintes plus fréquentes en cas de soupçon de fraude. Pour les conducteurs et les souscripteurs de contrats santé ou prévoyance, la vigilance s'impose : une plus grande traçabilité des données et un échange d'informations plus dense entre organismes rendent désormais plus probable la découverte de dossiers irréguliers.
À court et moyen terme, la montée des montants détectés place la lutte contre la fraude au cœur des priorités du secteur : optimisation des outils de détection, renforcement des partenariats publics-privés, et adaptation des pratiques commerciales et de gestion des sinistres.