Un texte désormais transmis à la commission des finances
Le projet de loi de finances pour 2027 a franchi une première étape institutionnelle. L’Assemblée nationale l’a déclaré recevable le vendredi 30 octobre, à l’issue de deux jours de débats. Le texte est maintenant renvoyé à la commission Économie et Finances, chargée d’en examiner les dispositions avant la poursuite de la procédure parlementaire.
Cette commission dispose d’un délai de vingt jours pour étudier le projet et remettre son rapport au bureau de l’Assemblée. La recevabilité ne constitue donc pas encore une adoption du budget. Elle ouvre la phase d’examen détaillé, au cours de laquelle les parlementaires peuvent analyser les équilibres proposés et les hypothèses retenues par le gouvernement.
Un budget présenté à l’équilibre
Le gouvernement présente un projet équilibré en recettes et en dépenses. Le montant total atteint 57 500 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars. À périmètre de comparaison indiqué dans le dossier, cette enveloppe est supérieure d’environ 12 % aux 22 milliards de dollars inscrits dans la loi de finances rectificative pour 2026.
| Indicateur | Prévision pour 2027 | Repère fourni |
|---|---|---|
| Budget total | 57 500 milliards de FC | Environ 24,8 milliards de dollars |
| Croissance réelle | 5,8 % | 5,6 % en 2026 |
| Inflation moyenne | 6,4 % | 3,5 % en 2026 |
| Taux de change moyen | 2 300 FC pour un dollar | Hypothèse budgétaire 2027 |
Avec ce niveau de dépenses et de recettes, le projet se rapproche du seuil symbolique de 25 milliards de dollars mis en avant par l’exécutif. Cette progression en valeur doit toutefois être appréciée à la lumière du contexte macroéconomique retenu pour l’exercice, notamment des hypothèses de croissance, de prix et de change.
Une croissance attendue du secteur minier et des activités non extractives
Le cadrage du gouvernement repose sur une hausse du produit intérieur brut réel, attendu à 5,8 % en 2027, après 5,6 % en 2026. Les autorités attribuent principalement cette évolution au dynamisme du secteur minier et à une amélioration des activités économiques non extractives. Ces prévisions constituent l’un des éléments que la commission Économie et Finances devra examiner lors de ses travaux.
Le scénario budgétaire comporte également une hypothèse de renchérissement des prix. L’inflation moyenne est estimée à 6,4 %, contre 3,5 % en 2026. Le gouvernement relie cette accélération attendue à la hausse des produits énergétiques et alimentaires sur les marchés internationaux, ainsi qu’aux difficultés d’approvisionnement sur le marché intérieur.
Une contrainte accrue sur la conduite budgétaire
Cette prévision d’inflation place la politique budgétaire sous surveillance. Le dossier souligne la nécessité de contenir les pressions sur les prix tout en maintenant la cohérence entre les décisions budgétaires et monétaires. Le projet retient, pour sa part, un taux de change moyen de 2 300 francs congolais pour un dollar américain et table sur une stabilité de la monnaie fondée notamment sur une meilleure coordination de ces deux politiques.
- Le texte a été déclaré recevable le 30 octobre et n’est pas encore adopté.
- La commission Économie et Finances dispose de vingt jours pour rendre son rapport.
- Les principales hypothèses annoncées sont un budget de 57 500 milliards de francs congolais, une croissance de 5,8 % et une inflation de 6,4 %.
La prochaine séquence sera donc celle de l’examen en commission. Elle permettra de confronter les montants proposés aux hypothèses économiques qui les soutiennent, avant les étapes ultérieures de la discussion parlementaire. À ce stade, le projet fixe une trajectoire financière ambitieuse, mais son adoption et sa mise en œuvre restent conditionnées à la poursuite de la procédure législative.