Une hausse moyenne, des réalités très inégales
Selon le baromètre Assurland.com, la prime annuelle moyenne d'assurance habitation est passée de 274 euros à 310 euros en 2026, soit une augmentation moyenne de 13%. Mais derrière ce chiffre global se cachent des disparités marquées : la hausse excède les 20% dans certaines zones et tombe à peine à 3,4% pour d'autres configurations, comme les appartements en Corse.
Les maisons plus touchées que les appartements
L'écart entre maisons individuelles et appartements est notable : assurer une maison coûte en moyenne 422 euros par an, contre 200 euros pour un appartement, soit un rapport de plus de 2,1. Plusieurs facteurs expliquent cet écart :
- surface généralement plus importante des maisons ;
- exposition directe aux intempéries (toiture, façades) ;
- vulnérabilité aux aléas de sol, en particulier le retrait-gonflement des argiles ;
- absence de mutualisation des risques que permet la copropriété.
Risques climatiques et géotechniques : des coûts à la hausse
Les sinistres les plus coûteux sont concentrés sur les maisons. La grêle a représenté à elle seule 2,2 milliards d'euros de dégâts en 2025, frappant majoritairement des toitures individuelles. Par ailleurs, le phénomène de retrait-gonflement des argiles, devenu le premier poste d'indemnisation du régime des catastrophes naturelles depuis 2026, touche désormais 55% du territoire et concerne quasi exclusivement les maisons.
« De nombreux dossiers sont classés sans suite alors que les investigations techniques nécessaires à l'identification de la cause déterminante des désordres n'ont pas été réalisées »,
constate Julien Nakad, expert au service des assurés (Midi Libre), pointant des difficultés d'instruction des sinistres qui peuvent retarder ou réduire les indemnisations.
Conséquences sociales et questions d'équité
Au-delà des chiffres, cette évolution pose une question d'équité : les familles propriétaires de maisons, souvent installées en périphérie ou en zones rurales, voient leur accès à la protection assurable se dégrader. Les ménages disposant d'un appartement bénéficient d'une prime moyenne nettement plus basse, en partie grâce à la mutualisation des coûts en copropriété.
Ce que cela implique pour les assurés et le marché
Pour les consommateurs, la trajectoire haussière des primes signifie un renchérissement du budget logement, avec des impacts potentiels sur la solvabilité des ménages les plus exposés. Pour les acteurs du marché, ces tendances devraient renforcer les politiques de tarification territorialisée, les critères de sélection des risques et les demandes d'expertise technique approfondie au moment des sinistres.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Prime moyenne 2025 | 274 € |
| Prime moyenne 2026 | 310 € |
| Coût moyen assurance maison | 422 € |
| Coût moyen assurance appartement | 200 € |
| Dégâts causés par la grêle (2025) | 2,2 milliards € |
| Territoire concerné par le retrait-gonflement | 55% |
Face à ces évolutions, les pouvoirs publics, les assureurs et les experts devront clarifier les règles d'instruction des dossiers, adapter les outils de prévention et préciser les mécanismes de solidarité territoriale pour limiter l'aggravation des inégalités d'accès à la couverture habitation.