Pression énergétique et monétaire sur l’or
Les cours de l’or ont reculé mardi, pénalisés par la remontée des prix du pétrole et par des anticipations de politique monétaire plus stricte aux États‑Unis. À 08h59 EDT (12h59 GMT), l’or au comptant était en baisse de 0,51 %, à 4 118,76 dollars l’once, tandis que les contrats à terme pour décembre perdaient 0,55 %, à 4 137,20 dollars l’once.
Le marché intègre désormais un pétrole qui dépasse la barre des 100 dollars le baril et qui évolue autour d’un plus haut de cinq mois pour le Brent, reflétant des risques géopolitiques — notamment des attaques contre des infrastructures saoudiennes et des incidents en mer dans le Golfe. Ce renchérissement de l’énergie renforce les craintes d’une poussée de l’inflation, un facteur qui souvent profite au métal jaune en tant que valeur refuge.
« Le pétrole dépasse les 100 dollars, donc… un pétrole plus cher exerce une pression sur les métaux précieux », a expliqué Bob Haberkorn, stratégiste chez StoneX.
Pourquoi l’or recule malgré les risques inflationnistes
La réponse tient à l’arbitrage entre inflation et taux d’intérêt. L’or est traditionnellement perçu comme une protection contre l’inflation, mais il demeure un actif sans rendement. Lorsque les banques centrales remontent leurs taux, le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente et son attrait s’en trouve réduit.
La Réserve fédérale a déjà procédé à une hausse de 0,25 point en septembre, sa première de l’année, et les marchés scrutent la réunion du 27‑28 octobre pour de nouveaux signaux. Malgré des commentaires récents de responsables de la Fed relativisant l’urgence d’un resserrement supplémentaire, l’outil FedWatch du CME estime à 92 % la probabilité d’une hausse de taux en décembre. Cette perspective soutient le dollar et pèse sur les métaux précieux.
Positions et perspectives
Sur un plan strictement chiffré, l’or reste nettement inférieur à ses sommets récents : il a perdu environ 26,4 % depuis son record de 5 594,82 dollars atteint en janvier, et recule d’environ 22 % par rapport aux niveaux observés au début de la guerre en Iran, période marquée par de fortes anticipations d’une inflation énergétique soutenue.
- Facteur court terme : tensions géopolitiques et prix du pétrole en hausse.
- Facteur monétaire : attentes de relèvement des taux par la Fed réduisant l’attrait de l’or.
- Conséquence pour l’épargnant : l’or reste une protection contre l’inflation mais subit la concurrence d’actifs rémunérateurs en période de hausse des taux.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Or au comptant | 4 118,76 $/once |
| Contrats futures (décembre) | 4 137,20 $/once |
| Record (janvier) | 5 594,82 $/once |
| Retrait depuis le record | -26,4 % |
| Probabilité d’une hausse Fed (décembre) | 92 % |
En synthèse, le mouvement actuel illustre la double dynamique qui gouverne les marchés des matières premières financières : des tensions géopolitiques qui alimentent les risques inflationnistes et, en miroir, des banques centrales prêtes à relever les taux pour y répondre — un scénario qui, paradoxalement, pèse sur les cours de l’or à court terme.