Un creusement significatif du déficit fédéral
Sur l'année fiscale qui s'est achevée en septembre 2026, le déficit public des États-Unis s'est établi à 1,992 milliards de dollars, soit une hausse de 12 % par rapport à l'exercice précédent, selon les données publiées par le département du Trésor. En valeur absolue, cela représente près de 220 milliards de dollars de déficit supplémentaire par rapport à 2025.
Des dépenses qui montent plus vite que les recettes
La détérioration budgétaire tient surtout à un écart croissance entre postes de dépenses et recettes. Sur la période, les dépenses ont augmenté de 386 milliards de dollars, tandis que les recettes n'ont augmenté que de 169 milliards de dollars. Cette dynamique explique la rapidité avec laquelle le déficit s'est creusé.
- Dépenses supplémentaires : 386 milliards $
- Recettes supplémentaires : 169 milliards $
- Déficit 2026 : 1,992 milliards $ (+12 %)
Les remboursements de droits de douane : un facteur clé
Un facteur majeur de cette dégradation budgétaire est lié aux droits de douane. Les remboursements de surtaxes douanières ont coûté 145 milliards de dollars supplémentaires à l'État fédéral après que la Cour suprême a annulé en début d'année une partie importante des nouvelles taxations imposées par l'administration. L'année précédente, ces surtaxes avaient permis de récolter 202 milliards de dollars, mais l'annulation a contraint le Trésor à restituer une part importante de ces recettes antérieures.
Intérêts sur la dette : un poste qui pèse
Autre moteur de la hausse du déficit : le service de la dette. Les intérêts payés sur la dette publique ont augmenté de 144 milliards de dollars sur l'année, soit +12 %, pour atteindre un total de 1,360 milliards de dollars. Cette progression souligne la sensibilité des comptes fédéraux à la trajectoire des taux d'intérêt et au niveau d'endettement.
| Indicateur | 2026 | Variation par rapport à 2025 |
|---|---|---|
| Déficit fédéral | 1,992 milliards $ | +12 % (+220 milliards $) |
| Intérêts sur la dette | 1,360 milliards $ | +144 milliards $ (+12 %) |
Quel poids sur le PIB et quelles conséquences ?
Sur la base des estimations mentionnées par le Trésor, le déficit représenterait environ 6,2 % du PIB en 2026, contre 5,9 % l'année précédente — une estimation qui reste toutefois liée à la publication définitive des chiffres du produit intérieur brut pour la période. À court terme, un déficit plus élevé peut peser sur la capacité de l'État à financer de nouvelles priorités sans augmenter encore l'endettement ou la pression fiscale. À moyen terme, la montée du poste « intérêts » réduit les marges budgétaires et rend plus coûteuse toute stabilisation de la dette.
Enfin, la question des droits de douane illustre le lien entre politique commerciale et finances publiques : des mesures fiscales liées aux échanges peuvent procurer des recettes significatives, mais leur fragilité judiciaire ou administrative peut aussi entraîner des remboursements lourds et imprévus.
En somme, le bilan fiscal 2026 met en lumière deux vulnérabilités structurelles : la sensibilité du budget fédéral aux taux d'intérêt et aux coûts du service de la dette, et la dépendance à des recettes parfois fragiles ou contestées juridiquement. Pour les marchés comme pour les partenaires commerciaux, ces éléments seront des paramètres à suivre lors des prochains exercices budgétaires et des décisions de politique économique.