Une reprise de la tension sur le marché du travail
Le département du Rhône voit le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail et tenus de rechercher un emploi (catégories A, B, C) repartir à la hausse au deuxième trimestre 2026. Les dernières statistiques publiées par la Dares et France Travail font état de 162 200 personnes concernées en moyenne sur la période, soit une augmentation de 1,7 % par rapport au trimestre précédent (+2 700 personnes) et de 5,3 % sur un an.
Cette évolution traduit une nette tension retrouvée sur le marché du travail local, avec des conséquences concrètes pour les demandeurs d’emploi, les recruteurs et les services de placement : allongement des délais de retour à l’emploi, pression sur les dispositifs d’accompagnement et risque d’une plus grande concurrence sur les postes disponibles.
Les chiffres clés et les populations touchées
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Demandeurs A, B, C (moyenne T2 2026) | 162 200 |
| Demandeurs sans emploi (cat. A) | 93 090 |
| Demandeurs inscrits depuis au moins 1 an | 71 700 (44,2 % des A, B, C) |
La hausse ne touche pas tous les profils de la même façon. Les jeunes de moins de 25 ans sont particulièrement affectés : leurs effectifs augmentent de 9,5 % en un an dans les catégories A, B et C. Les 25-49 ans enregistrent une hausse de 5,3 %, tandis que les 50 ans et plus progressent de 2,8 % sur la même période.
Un phénomène de long terme qui s’accentue
Autre signal préoccupant : le chômage de longue durée continue de croître. Dans le Rhône, 71 700 personnes sont inscrites depuis au moins un an, soit 44,2 % de l’ensemble des inscrits en catégories A, B et C. Leur nombre augmente de 3,1 % sur le trimestre et de 12,7 % sur un an, signe que la reprise de l’emploi n’atteint pas tous les publics de façon homogène.
Conséquences pour les politiques d’emploi et les employeurs
Pour les services publics et les structures d’insertion, la double dynamique — hausse générale des inscrits et allongement des durées d’inscription — augmente la charge d’accompagnement et nécessite des réponses ciblées : formation, aide à la mobilité, renforcement des liens avec les employeurs locaux. Pour les entreprises, cela traduit à la fois une disponibilité accrue de candidats sur certains métiers et une difficulté à recruter des profils adaptés, notamment si la durée d’insertion implique des besoins de remise à niveau.
- Pression accrue sur les dispositifs d’accompagnement (Pôle emploi/France Travail).
- Jeunes particulièrement touchés (+9,5 % sur un an).
- Chômage de longue durée en forte progression (+12,7 % sur un an).
Ce que cela change pour les demandeurs d’emploi
Concrètement, les personnes à la recherche d’un emploi dans le Rhône peuvent s’attendre à une concurrence plus forte pour les postes accessibles sans qualification, à des délais potentiellement plus longs pour bénéficier d’offres adaptées, et à la nécessité de recourir à des dispositifs de formation ou de reconversion pour retrouver une insertion durable. Les chiffres plaident pour une intervention plus proactive des acteurs publics et privés afin d’éviter que la hausse actuelle ne se transforme en chômage structurel.
Ces tendances départementales s’inscrivent dans un contexte national où plusieurs zones urbaines connaissent des dynamiques similaires : la vigilance reste de mise pour mesurer l’ampleur et la durée de cette reprise du chômage.