Un cadre budgétaire présenté au Palais Royal
Samedi, au Palais Royal de Rabat, le Roi Mohammed VI a présidé un Conseil des ministres consacré à l'examen des orientations générales du Projet de Loi de Finances 2027. Selon le communiqué du Cabinet Royal, le ministre de l'Économie, des Finances et de la Performance publique a exposé la trajectoire macroéconomique et les priorités structurelles qui encadreront le futur texte.
Chiffres clés et diagnostic
Le gouvernement inscrit ses choix dans un contexte international qu'il juge « profondément instable », marqué par la hausse des coûts liés à des conflits géostratégiques, des tensions protectionnistes et une concurrence accrue sur l'énergie, la technologie et le financement. Pour y répondre, l'exposé ministériel table sur une évolution précise des indicateurs économiques nationaux :
« l’économie nationale devrait ainsi enregistrer une croissance de 4,7% à la fin de l’année en cours, avec une inflation contenue à 0,7%, parallèlement à une réduction du déficit budgétaire qui devrait être ramené à 3% du PIB »
| Indicateur | Prévision |
|---|---|
| Croissance | 4,7% |
| Inflation | 0,7% |
| Déficit budgétaire | 3% du PIB |
Priorités du PLF 2027
Le Projet de Loi de Finances pour 2027 s'articule autour de cinq priorités. Le communiqué en détaille deux de manière explicite :
- Restauration du pouvoir d'achat et consolidation d'un Etat social soutenable : le texte prévoit l'ouverture d'une réforme structurelle des marchés et des politiques de prix à compter de 2027, des mesures d'accompagnement pour le pouvoir d'achat, la généralisation de la couverture médicale en veillant à la soutenabilité des régimes, la revalorisation de l'aide sociale directe et le renforcement des services publics de santé et d'éducation. Le déploiement d'un programme d'aide directe au logement figure également parmi les axes cités.
- Insertion des jeunes dans l'éducation, la formation et l'emploi décent : le gouvernement envisage le lancement d'un programme national intégré pour la période 2027-203?. (Le communiqué signale ce chantier comme priorité sans en livrer l'ensemble des détails opérationnels.)
Conséquences et enjeux fiscaux
Ces orientations renvoient à plusieurs implications fiscales et budgétaires. Ramener le déficit à 3% du PIB implique des arbitrages entre recettes et dépenses : ajustements ciblés des dépenses publiques, amélioration du recouvrement ou nouvelles recettes fiscales. Par ailleurs, la mention d'une réforme des marchés et des prix et d'une politique de soutien au pouvoir d'achat ouvre la porte à des mesures sectorielles qui pourront peser sur les comptes publics ou nécessiter des compensations budgétaires.
Qui est concerné ?
Les orientations présentées touchent directement les ménages (pouvoir d'achat, accès au logement, santé, éducation), les jeunes en recherche d'insertion, ainsi que l'ensemble des acteurs économiques soumis aux nouvelles règles de marché et de prix. Les administrations publiques et les financeurs devront, pour leur part, traduire ces objectifs en mesures fiscales et en enveloppes budgétaires.
Calendrier et suite
Le Conseil des ministres a validé les grandes lignes ; le texte devra désormais être formalisé et débattu au titre du cycle parlementaire marocain. Les annonces fournissent un cadre de travail pour l'élaboration du PLF 2027, mais plusieurs détails opérationnels et chiffrages fins restent à préciser lors de la préparation du projet soumis aux instances législatives.