Une augmentation de 93,4 % sur vingt ans
Les propriétaires français ont vu leur taxe foncière fortement progresser : entre 2005 et 2025, la taxe foncière a augmenté de 93,4 %, d’après des chiffres publiés le jeudi 15 octobre 2026 par l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). Cette hausse est d’un ordre de grandeur nettement supérieur à l’inflation sur la même période.
Deux moteurs principaux : les taux et les valeurs locatives
Deux mécanismes expliquent l’ampleur de la progression :
- Relèvement des taux locaux : les taux votés par les collectivités territoriales ont augmenté d’environ 32 % en vingt ans.
- Revalorisation des valeurs locatives : la base taxable a crû de 46 %, avec une revalorisation annuelle indexée sur l’inflation.
Ces deux phénomènes conjugués expliquent pourquoi la taxe foncière pèse davantage aujourd’hui, notamment depuis la suppression quasi générale de la taxe d’habitation, qui a modifié la répartition des recettes locales.
Des écarts très marqués selon les communes
La hausse n’est pas homogène : parmi les 50 villes les plus peuplées, Paris enregistre la plus forte progression sur vingt ans, avec une augmentation de +261 %. La capitale avait des taux historiquement bas et les a fortement relevés; elle demeure toutefois parmi les grandes villes aux taux les plus faibles.
| Ville | Montant moyen 2026 (€) |
|---|---|
| Paris | 900 |
| Marseille | 943 |
| Lyon | 772 |
| Bordeaux | 1 173 |
| Grenoble | 1 487 |
| Moyenne (50 plus grandes villes) | 976 |
Ce que payent les propriétaires en 2026
Au niveau national, le montant moyen de taxe foncière atteint 635 euros par logement en 2026, hors prélèvement pour l’enlèvement des ordures ménagères. Dans les 200 plus grandes villes, l’augmentation moyenne entre 2025 et 2026 ressort à +1,7 %, une progression qualifiée de « modérée » par l’UNPI, en lien avec le calendrier des élections municipales.
Contexte politique et conséquences
La hausse sur vingt ans illustre l’articulation entre décisions locales (taux) et mécanismes techniques (valeurs locatives indexées). La réforme des valeurs locatives, qui visait à actualiser les bases d’imposition, est aujourd’hui suspendue, ce qui contribue à entretenir des inégalités territoriales et des effets d’accumulation : même lorsque les taux locaux bougent peu, la revalorisation des valeurs locatives fait progresser la facture.
Pour les propriétaires, ces évolutions se traduisent par une charge fiscale croissante et des disparités marquées d’une commune à l’autre. Pour les collectivités, la taxe foncière reste une source de recettes dont l’évolution dépend étroitement des choix locaux et des mécanismes d’indexation nationaux.